Parité hommes-femmes dans les conseils d’administration : Pourquoi le rôle des hommes est-il essentiel?

Parité hommes-femmes dans les conseils d’administration: Pourquoi le rôle des hommes est-il essentiel?

27 Février 2017 / Par Romain Isaac



En plus de 100 ans, de nombreuses avancées ont été faites pour la parité et pourtant en 2017, nous sommes encore loin d’avoir atteint la parité hommes-femmes dans les conseils. Le plafond de verre auquel se heurte les femmes dans leur carrière professionnelle, soulève depuis quelques années, des questionnements quant au rôle des hommes dans ce combat. De plus en plus, les hommes sont invités à soutenir la cause de la parité, à la défendre et même, à en être les porte-paroles. Pourquoi est-il essentiel que les hommes se réveillent et soient les premiers à prendre ce sujet à bras le corps?



Le changement doit venir du plus haut niveau de l’organisation



La première raison qui doit pousser les hommes à s’engager dans ce combat est évidemment une raison éthique. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de débattre sur le pour ou le contre de la parité, mais bien de trouver des solutions durables pour intégrer les femmes dans les conseils d’administration et à des postes stratégiques et exécutifs au sein de l’organisation.

C’est ici que le bât blesse… où sont les mesures concrètes?

En sachant que seulement 4% des entreprises dans le monde sont dirigées par des femmes, que moins de 20% des sièges aux conseils d’administration des entreprises cotées en bourse sont occupés par des femmes en Amérique du Nord et que les femmes sont sous représentées en politique… il paraît clair que ces messieurs ont le pouvoir.

Les leaders masculins présents dans les conseils d’administration doivent agir. Ils ont le pouvoir décisionnel, la solution est donc entre leurs mains.

« Les hommes représentent 85% du problème, mais ils représentent aussi 85% de la solution. On ne peut pas mener ce changement sans les hommes. » Jeffery Tobias Halter

En 2016, l’étude de McKinsey sur les femmes dans le milieu du travail (Women in the Workplace) montrait que 75% des CEO aux États-Unis incluaient l’égalité des sexes dans leurs top 10 des priorités. Alors, oui la démarche est encourageante, mais comme nous l’explique Jeffery Tobias Halter, consultant en stratégie d’entreprise et Président d’YWomen, les CEO ne s’occupent que des 3 premières priorités, les autres ne sont pas urgentes. La volonté du changement n’est donc pas suivie par des plans d’action concrets.

Or sans plan d’action, rien ne sera mis en place dans l’entreprise. Les CEO doivent remonter la parité hommes-femmes dans les conseils d’administration dans le top 3 de leurs priorités et agir.



Un virage culturel indispensable



Le changement doit venir du plus haut niveau de l’entreprise et des ressources humaines.

Mais, oser mettre le sujet de la diversité sur la table au sein des conseils d’administration apparaît comme un défi en lui-même à cause de la culture en place.
Les hommes ne veulent pas aborder le sujet par peur de mal faire, mal dire, car ils ne maîtrisent pas le sujet et ne sont pas à l’aise. De plus, certaines femmes ne veulent pas particulièrement être le porte-drapeau de la cause féminine non plus.

C’est avant tout de leaders courageux(ses) dont la cause à besoin pour placer le sujet en top priorité au sein des conseils d’administration.

Halter, soulève le problème de la mentalité masculine résumée par « si tu gagnes, je perds ». L’idée que soutenir l’avancement des femmes dans l’entreprise va pénaliser les hommes doit être combattue. Les dirigeants d’entreprise et les membres des conseils d’administration, surtout de la génération des baby-boomers et des Y, ont un énorme virage culturel à prendre. Cette culture du féminin= faible doit changer pour faire évoluer sainement la culture des entreprises vers la diversité.

Les hommes convaincus par la nécessité de la parité hommes-femmes dans les conseils d’administration et dans les organisations ont donc un rôle majeur à jouer auprès de leurs collègues masculins pour amorcer le virage culturel.

Le témoignage de Umran Beba, Vice-Présidente senior de PepsiCo, lors du Forum Économique Mondial 2017, met également le doigt sur le virage culturel indispensable à mener pour atteindre la parité:

« […] Cultural change is critical to achieving gender equality – at the family, company and country levels. Of course, we can tell young women to be confident, to show courage, to take risks and make hard choices in their careers. And they should absolutely do all those things. But without deeper cultural shifts, progress towards equality will stall. How do we start bringing about some of these cultural changes? […] I’m a strong believer in understanding others’ needs. […]
We need more women in business today to represent our consumers, to bring a different point of view and to contribute with a different leadership style, but unless companies and countries make cultural shifts to adapt to this new reality, how can we expect to make progress? »

Le rôle des hommes est primordial dans la bataille pour la diversité au sein des conseils d’administration. Cette prise de conscience doit impérativement se faire au sein de la gente masculine pour abattre les stéréotypes et la culture du men’s club. Il faut plus de femmes en politique et à des postes de haute direction, non seulement pour la performance des entreprises, mais surtout parce que l’exemple doit venir du plus haut niveau de l’entreprise pour être suivie. Donner envie à d’autres femmes de développer leur leadership, leur prouver que c’est possible et amorcer un changement systémique dans la culture des entreprises doit passer par la ou le CEO. C’est un effort commun des hommes et des femmes, dans toutes les sphères de l’organisation qui pourra amener un réel changement et briser le plafond de verre. Alors messieurs, il est temps de faire votre part.



Références:




Pourquoi est-il nécessaire d’augmenter la diversité dans les conseils d’administration

Pourquoi est-il nécessaire d’augmenter la diversité dans les conseils d’administration

Le 31 Janvier 2017 / Par Romain Isaac 



Le thème évoquant la présence des femmes dans les conseils d’administration reste un des thèmes prédominants dans la gouvernance des organisations. Des réformes mises en place par plusieurs gouvernements à travers le monde, comme en France avec la loi Copé-Zimmermann qui vise une représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration, ont pour but de réduire l’inégalité existante au plus haut niveau des grandes corporations mondiales.

Des quotas ont même été instaurés pour accélérer ce processus, mais ce rêve d’une plus grande féminisation des membres du conseil ne se traduit pas forcément dans la réalité. Bien que celles-ci désirent ardemment intégrer les conseils d’administration ou occuper ces postes stratégiques, cette difficulté à briser le « plafond de verre » peut provenir de plusieurs facteurs tels que des phénomènes structurels comme les préjugés ou encore les fameux boys club, ces cercles de vieux amis immuables.



La présence des femmes dans les conseils d’administration favorise la performance



Ceci dit, force est de constater que le nombre de femmes occupant des positions exécutives et stratégiques au sein des grandes organisations dans le monde est en constante hausse. Mais est-ce assez pour atteindre ces fameux quotas fixés ? Pas si sûr… On entend beaucoup parler de quotas, mais il est important de prendre en compte également que la présence des femmes à ces postes de management stratégique a des effets bénéfiques pour les organisations.

En effet, plusieurs études révèlent que les organisations ayant une forte représentation de femmes au sein de leur conseil d’administration ou à des postes exécutifs et stratégiques sont celles qui ont été les plus performantes, tant au niveau organisationnel que financier. Comme je l’exposais dans un article précédent, Pourquoi la diversité dans les conseils est bonne pour les affaires, ces organisations ont en moyenne un retour sur investissement plus élevé de 10% par rapport aux autres sociétés qui se traduit généralement par une croissance 1,7 fois plus rapide de leurs actions.



Plus de femmes pour une expertise plus diversifiée au sein des conseils d’administration



Des efforts sont réalisés dans ce domaine par les organisations mais on constate encore que le nombre de femmes siégeant dans les conseils d’administration est étonnamment faible. Pourtant, la présence des femmes apporterait plus d’expérience dans certains domaines d’expertise comme le management du risque, les ressources humaines ou encore la conformité et la gouvernance d’entreprise.

Dans un article précédent, les objectifs de diversité au sein des conseils loin d’être atteints, je mettais en avant aussi le fait que les femmes présentes au conseil d’administration de plus de 2000 compagnies à travers 39 pays en Europe, Asie, Amérique du Nord et Australie possédaient plus de compétences au niveau numérique que les hommes. Dans une période où le virage numérique des organisations représente un enjeu primordial, cet aspect de la féminisation des conseils d’administration n’est donc pas à prendre à la légère dans la réflexion des dirigeants d’entreprises. Rendre son organisation plus performante et plus efficace est l’objectif premier de chaque membre du conseil, et introduire plus de femmes au sein de leur conseil peut leur permettre d’atteindre ce but ultime.




Faire une place plus importante aux femmes dans les conseils, pourquoi est-ce si long?

Faire une place plus importante aux femmes dans les conseils, pourquoi est-ce si long?

16 Septembre 2016 / Par Romain Isaac



Introduire plus de femmes dans les conseils d'administration pour plus de performance et d'efficienceForce est de constater que les quotas fixés en termes de féminisation des conseils d’administration en France pour 2017 ne seront pas atteints. Mais pourquoi tant de résistance à l’introduction de femmes au sein des conseils?

Depuis plusieurs années maintenant, des études, des enquêtes ou des constats montrent que la présence de femmes au sein des conseils est profitable aux organisations. Accroître le nombre de femmes à des postes exécutifs et stratégiques peut s’avérer bénéfique, étant donné que 16% d’entre elles possèdent une expérience digitale, contre seulement 9% des hommes, enjeu majeur pour les sociétés, surtout à l’heure où le virage vers le digital est devenu primordial.

Pour accélérer le processus d’introduction de femmes au sein des conseils, les organisations pourraient en effet revoir leur politique interne de recrutement des membres du conseil d’administration, des comités ou encore aux différents niveaux de la société, mais aussi respecter les objectifs fixés et les atteindre dans les prochaines années. Cependant, beaucoup d’organisations sont encore réticentes à passer le pas.

Retrouvez l’article dans son ensemble en cliquant ici




Les objectifs de diversité au sein des conseils loin d’être atteints

Les objectifs de diversité au sein des conseils loin d’être atteints

15 Septembre 2016 / Par Romain Isaac



La présence des femmes dans les conseils améliore la performance du conseil d'administration et de l'organisationDepuis maintenant plusieurs années, la place des femmes siégeant aux conseils d’administration à travers le monde fait débat. Pourtant, de nombreuses études nous montrent que les organisations, ayant au moins une femme au sein de leur conseil, prennent des décisions beaucoup plus éclairées, et j’exposais dans un précédent article le fait que la présence des femmes dans les conseils pouvait être source de performance pour les organisations.

De nombreux gouvernements à travers le monde, particulièrement en Europe, ont imposé des quotas afin d’accroître le nombre de femmes à des postes exécutifs ou siégeant aux conseils d’administration des entreprises publiques et cotées en bourse. Cependant, un constat alarmant se dresse devant nous : nous sommes encore très loin d’atteindre les objectifs fixés.



Les quotas imposés ne seront pas atteints dans les prochaines années



Nous pouvons déjà avancer qu’en France, il est officiellement acté, depuis l’année dernière, que le quota de 40% de femmes dans les conseils d’administration ne sera pas atteint dans tous les conseils pour 2017. Il en est de même au Canada, où par exemple la province de l’Ontario visait 40% de femmes dans les conseils d’ici 2019, mais cet objectif sera loin d’être atteint, étant donné que beaucoup d’organisations résistent encore à l’introduction massive de femmes au sein de leurs conseils d’administration.

J’exposais également dans un de me précédents articles que  la présence de femmes dans les conseils d’administration est bonne pour les affaires , mais il est facile de constater que les études, les sondages et les enquêtes faites à ce sujet ne sont pas suffisantes à elle seules pour inverser la tendance, et les salles de conseil d’administration et de comités restent à consonance masculine.



Un meilleur équilibre homme-femme dans les conseils, un impératif de performance pour les organisations



Comme  mentionné précédemment, atteindre les objectifs fixés en termes de représentation des femmes au sein des conseils d’administration n’est pas chose aisée, et le chemin pour parvenir à ce but ultime peut s’avérer être un parcours sinueux. Mais accroître le nombre de femmes à des postes exécutifs et stratégiques peut provoquer un changement intéressant au sein des organisations, mais également influer sur la vision d’affaires de celles-ci.

En effet, selon une étude menée par Accenture Research sur plus de 2000 organisations à travers 39 pays en Europe, Asie, Amérique du Nord et Australie, 16% des femmes présentes au sein des conseils d’administration de ces compagnies possèdent une expérience numérique contre seulement 9% des hommes, ce qui représente un point majeur pour les sociétés, surtout à l’heure où le virage vers le numérique est devenu primordial. Une étude menée par Catalyst montre également que les organisations où la représentation des femmes au sein de leur conseil d’administration est plus forte connaissent une performance financière plus élevée.

Pour tenter d’accélérer le mouvement vers une féminisation des conseils d’administration, plusieurs organismes recommandent diverses stratégies à implanter au sein des organisations, comme par exemple fixer des objectifs ciblés pour fin 2017 et les atteindre dans les trois à cinq prochaines années, réformer les politiques de recrutement des membres du conseil d’administration, instaurer des politiques pour accroître la représentation des femmes au sein des conseils, ou encore développer des stratégies de diversité à chacun des niveaux de l’organisation. Encore faut-il que les organisations se prennent au jeu.



Sources:

ZARYA, Valentina (August 31, 2016). Exclusive: Women Bring More Tech Expertise to the Boardroom Than Men Do, Fortune Magazine.

SAGAN, Aleksandra, The Canadian Press (June 30, 2016). Despite Growing Calls For More Women on Boards, Corporate Canada Resists, National Newswatch.

CATALYST, Gender Diversity on Boards in Canada: Recommendations for Accelerating Progress, commissioned by the Government of Ontario (2016).

CATALYST, Companies With More Women Board Directors Experience Higher Financial Performance (2007)

DE BEAUFORT, Viviane (18 Août 2016). La mixité des boards améliore les prises de décision, Les Échos




Introduire plus de femmes et de nouveaux outils au sein du conseil pour améliorer la performance des administrateurs

Introduire plus de femmes et de nouveaux outils au sein du conseil pour améliorer la performance des administrateurs

18 Juillet 2016 / Par Romain Isaac

Les femmes dirigeantes peuvent être la réponse à la diversité au sein des conseils d'administration

Les femmes dirigeantes peuvent être la réponse à la diversité au sein des conseils d’administration

La sous-représentation des femmes au sein des conseils d’administration et occupants des postes exécutifs a longtemps été un problème pour les entreprises canadiennes. Dans nos précédents articles, nous révélions que la présence des femmes au sein des conseils d’administration peut être bonne pour les affaires, et qu’elles peuvent avoir un impact sur la performance des directeurs.

Au cours des dernières années, des réformes en terme de recrutement ont été mises en place afin de rééquilibrer la balance. Plusieurs rapports et études indiquent désormais que le nombre de femmes au sein des conseils a augmenté parmi les 300 plus grandes organisations canadiennes cotées en Bourse, contrairement à ce que l’on pouvait observer auparavant.

Développer et implanter des politiques de féminisation des conseils d’administration



Des changements ont pu être constatés au cours des dernières années, mais l’évolution de ce problème reste tout de même timide. Le pourcentage de femmes siégeant au conseil parmi les organisations publiques canadiennes a grimpé, atteignant 15% en 2015. Cette tendance reflète en tout point le désir actuel des conseils d’administration canadiens d’incorporer de nouvelles pratiques de recrutement des nouveaux membres, mais aussi les membres qui prendront la relève.

Selon l’article écrit par Barbara Shecter et apparu dans le Financial Post, le gouvernement de l’Ontario s’est engagé a revoir à la hausse les objectifs des agences provinciales, des commissions et des sociétés de la Couronne, dans le but d’atteindre au moins 40% de femmes au sein des conseils d’administration d’ici la fin 2019. De plus, près de la moitié des compagnies cotées en Bourse au Canada ont mis en vigueur des politiques internes de féminisation de leurs conseils.

Une femme PDG pourrait être la solution au problème de diversité au sein des conseils d’administration



Nous pouvons aisément dire qu’une femme à la tête d’une organisation ne serait certainement pas la seule présente aux réunions du conseil d’administration. En effet, il a été démontré que plus de la moitié des entreprises dirigées par une femme possèdent  3 femmes ou plus au sein de leurs conseils.

D’après l’article écrit par Jeff Green, du Bloomberg News et paru dans le journal  Financial Post, les organisations dirigées par des femmes sont plus enclin à la diversité au sein de leurs conseils que celles dirigées par des hommes, selon Malli Gero, co-fondateur et président de 2020 Women on Boards.

La présence des femmes au conseil a un impact également sur la gouvernance d’entreprise. Selon l’étude faite par Vicki W. Kramer, Alison M. Konrad et Sumru Erkut en 2006, Critical Mass on Corporate Boards: Why Three or More Women Enhance Governance, la gouvernance d’entreprise pourrait être améliorée à trois niveaux différents si les organisations possèdent 3 femmes ou plus au sein de leurs conseils :

  • Les discussions durant les réunions du conseil d’administration incluraient les perspectives des parties prenantes qui affectent ou sont affectées par la performance de l’entreprise, pas seulement des actionnaires, mais aussi les employés, les clients, les fournisseurs et la communauté entourant l’organisation.
  • La prise de décision serait améliorée grâce au fait que les problèmes et litiges ne seraient pas ignorés ou mis de côté.
  • La gestion serait améliorée grâce notamment à la dynamique du conseil d’administration qui serait plus ouverte et collaborative.

Un conseil sans papier pour renforcer la performance des administrateurs et l’efficacité des réunions



L’avènement des nouvelles technologies a permis l’émergence d’outils numériques à la disposition des administrateurs. Ces outils aident à booster l’efficacité des réunions, renforcer la communication et la collaboration entre les membres, et améliorer la prise de décision. Un exemple de ce type d’outil serait le conseil sans papier, qui permet aux administrateurs un accès sécurisé aux réunions du conseil d’administration n’importe où, n’importe quand, et ce même sans connexion internet.

La solution Leading Boards est un conseil sans papier multi-plateforme, disponible sur iPad, Android et Surface Pro. Hautement sécurisé, ce logiciel facile d’utilisation supporte les administrateurs dans leur devoir de gouvernance d’entreprise. Chaque administrateur possède son propre environnement, incluant de nombreuses fonctionnalités de pointe, comme par exemple, la prise de notes de manière intuitive (avec des notes post-it, manuscrites ou pouvant être surlignées), qui peuvent être gardées personnelles ou partageables avec les autres membres pour améliorer la collaboration avec chacun d’eux.

En conclusion, un constat émerge: la présence de femmes a un impact positif sur la performance des conseils d’administration, sur celle des autres administrateurs et sur la gouvernance d’entreprise de manière générale. Ajouté à cela que l’introduction de femmes au sein des conseils ou à des postes exécutifs et stratégiques est  beaucoup plus envisageable dans les entreprises dirigées par des femmes que dans celles dirigées par des hommes, atteignant pour la plupart de ces organisations 3 femmes ou plus. Des réformes au niveau interne en termes de diversité et de recrutement ont été mises en place afin de recruter et introduire des femmes qualifiées pour réduire l’écart actuel, mais dénicher ces talents devient désormais le problème majeur pour les entreprises publiques canadiennes.


Sources   

“Ontario commits to having at least 40 per cent women make up provincial boards by 2019” – Barbara Shecter – Financial Post

“A female CEO may be the answer to more women on boards, surveys show” – Jeff Green, Bloomberg News – Financial Post

“Gender Diversity on Boards and in Senior Management” – By Andrew MacDougall and Michele Qu – OSLER

“Critical Mass on Corporate Boards: Why Three or More Women Enhance Governance” – Kramer, V.W., Konrad, A.M., Erkut, S. – CBDC / Resources

Pourquoi la diversité dans les conseils est bonne pour les affaires

Pourquoi la diversité dans les conseils est bonne pour les affaires

2 Juin 2016 / Par Romain Isaac

Avoir des femmes au sein des conseils d'administration et des comités est pour les affaires.

Avoir des femmes au sein des conseils d’administration et des comités est excellent pour les affaires.

Diriez-vous qu’il est primordial d’avoir des femmes au sein des conseils d’administration? Eh bien, si votre priorité est d’améliorer votre performance financière, alors la réponse est : oui, c’est une nécessité. Tandis que la diversité dans les conseils peut être perçue comme un objectif social ambitieux, une constatation devient de plus en plus évidente : avoir plus de femmes dans les conseils d’administration n’est pas juste la bonne chose à faire, c’est excellent pour les affaires.

En 2015, l’étude réalisée par McKinsey & Cie a démontré que « les organisations où les femmes sont très fortement représentées au sein de leur conseil ou occupant des postes stratégiques et exécutifs, sont celles qui ont été les plus performantes, que ce soit au niveau organisationnel que financier. » Par exemple, les sociétés avec une plus grande proportion de femmes présentes au conseil obtiennent en moyenne 10% de plus que les autres sociétés en termes de retour sur investissement et connaissent une croissance de leurs actions 1,7 fois plus rapide.

La même étude a prouvé que les femmes ne représentent seulement que 17% des aspirants éligibles au leadership d’entreprise. Résoudre cette inégalité prendra du temps, mais beaucoup de programmes d’incitation sont déjà mis en place envers les entreprises afin de redresser la situation dès maintenant. Au Canada, plusieurs commissions, comme la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario, ont imposé que ces sociétés augmentent la représentation des femmes au sein de leurs conseils ou à des postes exécutifs. Par conséquent, le nombre de sièges au conseil détenus par des femmes au sein des compagnies listées TSX 60 est passé de 20.1% en 2014 à 23.1% en 2015. Cependant, malgré cette tendance, les compagnies canadiennes sont toujours loin derrière leurs homologues Européens. L’instauration de la loi Copé-Zimmerman en France par exemple a mené à une croissance massive de la représentation des femmes, puisqu’elles représentent désormais 33%.

Tandis que les structures traditionnelles des conseils d’administration reposent essentiellement sur les documents papier et une poignée de main ferme en guise d’accord de contrat, fournir un environnement plus facile qui permettrait de rendre les groupes sous-représentés plus efficaces est essentiel. Plusieurs entreprises n’ont toujours pas de systèmes et de processus en place rendant l’adaptation des femmes relativement simple aux structures de gouvernance qui sont traditionnellement basées sur les usages masculins. Cela inclut également un système de gestion documentaire facile d’utilisation.

Les logiciels de gestion documentaire des documents du conseil d’administration et des comités, tel que le service Leading Boards, peut rendre l’adaptation des nouveaux membres à l’environnement des conseils et comités plus aisée en termes de gestion des documents et le fait de jongler entre plusieurs rôles.

Les logiciels de gestion documentaire résonnent le plus souvent pour investissement dans l’esprit de chaque conseil d’administration qui souhaitent améliorer l’efficacité de leurs réunions et la sécurité de leurs informations sensibles. Mais l’adoption de ce type de solution peut s’avérer très bénéfique à plusieurs niveaux.




Diversité dans les conseils d’administration, un parcours semé d’embûches


Diversité au sein des conseils d’administration, un parcours semé d’embûches

27 Avril 2016 / Par Romain Isaac

Femmes au sein des conseilsDepuis maintenant un certain laps de temps, la question relative à la place des femmes au sein des conseils d’administration des grandes sociétés fait débat, et nous, Leading Boards, avons toujours défendu la parité, ou tout au moins les 40% souhaité par la majorité des parties prenantes.

Selon plusieurs études ces dernières années, la présence de femmes au sein des conseils d’administration et des comités a montré que les décisions prises, essentiellement en temps de crise, ont été éclairées et ont été le plus souvent les plus adéquates. D’autres études, comme le Rapport sur la Gouvernance 2015, réalisé par Davis Ward Phillips & Vineberg, qui montre que les conseils d’administration et les comités canadiens tendent à se féminiser.

La résolution de ce problème représente un long chemin à parcourir. Au Canada, la tendance à la hausse de l’occupation des sièges par les femmes au sein des conseils et des comités pour atteindre ce 40% est sur la bonne voie.

Imposer une présence plus accrue dans les années à venir

Afin d’accroître le nombre de femmes au sein des conseils d’administration et des comités, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (excepté celles de l’Alberta, de Colombie Britannique et du Yukon), ont adopté le 1er Janvier 2015 un accord qui prévoit d’augmenter le nombre de femmes dans les conseils, ainsi qu’à des postes exécutifs.

Depuis cette date, des progrès mineurs mais prometteurs ont été constaté dans ce domaine. Selon plusieurs observateurs, des résultats positifs étaient visibles après une mise en vigueur d’à peine neuf mois. Ce constat s’est fait sur un exemple simple. Sur 3500 sièges à combler en 2015 et répertoriés dans le Composite Index et le SmallCap Index, 15% de ces sièges étaient occupés par des femmes, ce qui représente une hausse d’environ 3% par rapport à 2014, alors que l’augmentation en 2014 par rapport à l’année 2013 n’était seulement de 1,8%.

La même constatation a été faite dans les entreprises figurant au TSX 60. En 2015, 23% des sièges au sein des conseils de ces entreprises étaient occupés par des femmes, soit une augmentation de 3% par rapport à l’année précédente.

Selon une étude réalisée en 2015 par les Autorités Canadiennes en Valeurs Mobilières, 1 entreprise sur 2 parmi 722 sociétés listées au TSX a au moins une femme présente au sein de leur conseil d’administration, et 15% d’entre elles ont ajouté une femme ou plus à leurs conseils ou comités durant cette année-là.

Malgré ces résultats encourageants, les grandes entreprises canadiennes sont encore loin de nos amis européens. En Europe, et plus particulièrement en France, l’adoption de la loi Copé-Zimmerman en janvier 2011, imposait aux sociétés cotées et des grandes entreprises non cotées la présence de 20% de femmes dans les conseils d’ici la fin de l’année 2014. Ce chiffre doit être doublé d’ici la fin de l’année 2017, ce qui devrait être le cas des plus grandes entreprises, mais pas celui de la majorité des entreprises cotées à Paris. Actuellement, les conseils d’administration et les comités français comptent 33% de femmes, alors que de l’autre côté de l’Atlantique, les femmes ne sont présentes qu’à 15,9%. Cependant, malgré ces obligations de féminisation des conseils, la présence des femmes au sein des conseils en France et en Europe est loin d’être égalitaire avec celle des hommes.

Des comités spécialisés à consonance masculine

Le constat dans la plupart des pays d’Europe et d’Amérique du Nord reste le même : les femmes ne sont pas à égalité avec les hommes au sein des conseils et sont beaucoup moins présentes que les hommes au sein des comités spécialisés, là où le travail d’influence se réalise. Là est le plus grand problème à résoudre si les gouvernements des différents pays en question souhaitent une plus grande féminisation des conseils d’administration et des comités.

En effet, pour avoir accès aux conseils d’administrations et aux comités, il faudrait d’abord que les femmes soient plus nombreuses à occuper des postes stratégiques et exécutifs, c’est-à-dire dans le top management des entreprises. Et de ce contexte découle une constante implacable : l’accès à ces types de positions est très difficile et lent pour les femmes.

Sources

Rapport sur la gouvernance 2015 – Davis Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L, s.r.l

Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.C.R.L., s.r.l. est un cabinet intégré qui compte environ 240 avocats et dont les bureaux sont situés à Montréal, à Toronto et à New York. Le cabinet, dont la pratique s’étend au-delà des frontières, est spécialisé en droit des affaires. © 2015 Davies Ward Phillips & Vineberg S.E.N.CR.L.  Tous droits réservés.

Article «Où sont les femmes?»,  écrit par Thomas Fenin sur le blog de la compagnie LABRADOR

Expert unique et leader de l’information réglementée, Labrador conçoit, réalise et traduit pour plus de 140 grands groupes cotés à Paris et à Wall Street tout type de documents  financiers et réglementés.

La parité femmes-hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance

L’été 2014 en France marque un avancement dans l’égalité femmes-hommes notamment concernant la parité au sein des instances de direction des entreprises.

Le Parlement a adopté le 23 juillet 2014 le projet de loi sur « l’égalité réelle entre les femmes et les hommes » au sein, entre autres, des conseils d’administration. Cette loi comprend une série de mesures pour s’attaquer aux inégalités partout où elles se manifestent. Il s’agit de l’égalité professionnelle (réforme du congé parental pour mieux partager les responsabilités parentales, sanctions renforcées pour les licenciements discriminatoires, égalité des rémunérations…), garantir les pensions alimentaires pour les familles monoparentales, lutter contre les violences faites aux femmes, faire reculer les stéréotypes sexistes et généraliser la parité dans toutes les sphères de la société : politique, administrateurs des conseils d’administration des grandes entreprises, instances publiques (ordres professionnels, chambres consulaires…) ou encore dans les établissements publics de coopération culturelle.

Najat Vallaud Belkacem, la ministre des Droits des femmes, est à l’origine de cette initiative et s’est engagée à ce que l’ensemble des décrets d’application soit publié avant la fin de l’année.

Briser le plafond de verre

Cette nouvelle loi œuvre donc pour la parité au sein de la direction et de la gouvernance des entreprises et compte accélérer la féminisation dans ces postes. Elle confirme l’application de la loi Copé Zimmermann (2011) qui impose aux groupes français cotés et aux sociétés réalisant au moins 50 millions d’euros de chiffre d’affaires et employant plus de 500 salariés d’avoir 40% de femmes administratrices dans leurs conseils d’administration d’ici 2017

Désormais, avec la loi sur l’égalité réelle cette obligation s’étend aux entreprises de 250 à 499 salariées et ayant plus 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cet objectif devra être atteint en 2020.

Depuis l’instauration de quotas en 2011, le pourcentage de femmes siégeant sur les conseils d’administration ou de surveillance des sociétés du CAC 40 a augmenté de 7,4 points.
En 5 ans, on note que la part des femmes dans ces instances a triplé.

Au 1er juin 2014, le seuil de 30% d’administratrices dans les conseils d’administration et de surveillance des sociétés du CAC 40 a été franchi : 30,3% selon le cabinet Ethics and Boards.

Entre 2010 et 2013, la part des femmes dans les instances de direction des grandes entreprises a augmenté dans 22 des 28 États membres de l’Union  européenne. La plus forte hausse a été enregistrée en France avec +17,4 points. Les entreprises du SBF 120 connaissent une progression similaire de la part des femmes dans leurs conseils d’administration avec une augmentation de 3,1 points pour atteindre 28,8 %.

Malgré l’avancée de la part des femmes dans les conseils d’administration, il reste du chemin à parcourir au sein des comités exécutifs et de direction où on ne compte que 10,3% de femmes dans les entreprises du CAC 40 et 12,1% des entreprises du SBF 120 (soit une hausse respectivement de 0,3 et 0,1 point entre septembre  2013 et juin 2014).

Pour accélérer le mouvement en France, 27 entreprises ont pris des engagements via la signature de conventions auprès du ministère sur la féminisation des postes de direction, notamment dans ces comités exécutifs et comités de direction et 10 nouvelles entreprises s’associeront prochainement à la démarche.

De plus en plus de femmes poussent la porte des conseils d’administration et heureusement, car ces instances ont besoin d’elles ! La culture de l’« old boys club » est à proscrire, car la présence des femmes dans la gouvernance des entreprises est aujourd’hui une nécessité.

De nombreuses études ont mis en évidence une corrélation entre la présence de femmes au conseil d’administration et l’amélioration des résultats de l’entreprise. En effet, la diversité au sein de la gouvernance et de la direction permet la rencontre d’opinions et d’expériences diversifiées. Cela permet aussi de confronter des approches et des solutions différentes à des problématiques ou lors de la prise de décision. En outre, les femmes administratrices sont plus enclins à prendre des décisions en prenant en compte les intérêts de toutes les parties prenantes, en ayant recours d’avantage à la coopération et à la collaboration pour atteindre une décision éclairée, plus juste et morale. Une représentation égale améliore l’image et la réputation de l’entreprise et en profitant de nouvelles connaissances et de points de vues, la gouvernance sera meilleure menant à une meilleure performance de l’entreprise.

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Source Ethics & Boards

Pour en savoir plus, consultez le site du Ministère des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports

La féminisation des conseils d’administration en Europe

L’égalité des sexes constitue l’un des principes fondateurs de l’Union Européenne et la demande d’un équilibre au sein des instances de direction des grandes entreprises est régulièrement à l’ordre du jour.

La Commission Européenne promeut activement des mesures pour assurer l’égalité entre les hommes et les femmes. En Novembre 2012, la Commission a adopté une proposition pour fixer un objectif minimum de 40% du sexe sous-représenté dans des positions d’administrateurs non exécutifs des sociétés cotées en Europe d’ici 2020. Un an plus tard, le 20 Novembre 2013, le Parlement européen a abordé cette question et a voté pour la proposition de la Commission d’augmenter la part des femmes sur les conseils d’administration.

Avec 459 pour, 148 contre et 81 abstentions, ce vote à une écrasante majorité représente « un moment historique pour l’égalité entre les femmes et les hommes en Europe », explique Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne et commissaire chargée de la justice.

C’est une première fissure dans le « plafond de verre » en Europe où les femmes n’occupent que 16,6% des sièges du conseil d’administration. Le pourcentage a augmenté depuis 2010, mais les progrès au cours des dernières années ont été lents :

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* Proportion de femmes dans les conseils d’administration des grandes sociétés cotées.

Le projet de loi est toujours en examen auprès des États membres et du Parlement. Ce projet exige la mise en place d’un « quota de procédure » basé sur une nouvelle procédure de sélection transparente et équitable qui donnera la priorité aux candidats féminins qualifiés dans les entreprises cotées en bourse avec plus de 250 collaborateurs en Europe et qui n’ont pas 40% des femmes parmi les membres de leurs administrateurs non exécutifs.

Il est important de souligner que la loi met l’accent sur la qualification professionnelle, « être une femme ne saurait être une condition suffisante pour siéger dans un conseil d’administration. Mais aucune femme ne se verra non plus refuser un tel poste en raison de son sexe ». Chaque État membre devra introduire des sanctions proportionnées et dissuasives pour les entreprises qui ne respectent pas cette nouvelle loi.

La loi est une mesure temporaire et expirera en 2028 car l’égalité des sexes au sein des conseils doit être atteint en 2020 (2018 pour les entreprises publiques). En outre, les sociétés cotées doivent se fixer des objectifs individuels, d’autorégulation et realiser un rapport chaque année sur les progrès réalisés.

La législation européenne est nécessaire pour améliorer l’équilibre entre les sexes au sein des conseils car les initiatives nationales volontaires ont jusqu’à présent échoué à améliorer la situation. Certains pays comme la France et l’Espagne ont déjà commencé à agir en adoptant des mesures visant à promouvoir l’égalité des sexes au sein des conseils d’entreprise. Par conséquent, ces actions individuelles peuvent conduire à des problèmes pratiques pour le marché intérieur européen, notamment pour les entreprises multinationales ayant à se conformer aux différentes lois, des quotas et des sanctions.

En 2012, neuf États membres ont refusé le quota européen de 40% et, aujourd’hui encore, une minorité composée de la Grande-Bretagne et les pays d’Europe de l’est sont contre ce projet de loi. L’Allemagne habituellement contre ces quotas a décidé de prendre des mesures et  d’introduire une loi obligeant les entreprises allemandes d’attribuer 30% de leurs sièges des conseils d’administration aux femmes à partir de 2016.

> Lire le communiqué de presse officiel

Rémunération et composition du Conseil d'administration

Composition et rémunération des conseils d’administration des sociétés canadiennes

La composition des conseils d’administration est un des facteurs clés de l’efficacité du conseil. La capacité à répondre avec efficience aux défis auxquels sont confrontés les administrateurs dépend notamment d’une bonne combinaison des expériences, des compétences et des personnalités.

Avec une augmentation des responsabilités ainsi que des attentes envers les administrateurs des sociétés canadiennes, leur rémunération apparait comme un enjeu décisif de gouvernance particulièrement en termes d’indépendance.

Les études « Rémunération des administrateurs et gouvernance : enjeux et défis » par l’Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées (IGOPP) et « Corporate Board Governance and Director Compensation in Canada » par le cabinet Patrick O’Callaghan and Associates, permettent de comprendre cette situation par une analyse détaillée de la composition des conseils et la rémunération des administrateurs.

1- La composition des conseils d’administration au Canada en 2011

AGE-ADMINISTRATEURS

  • Age : l’âge médian des administrateurs des entreprises canadiennes est de 63 ans. Une hausse de 3 années en 10 ans. 17% des administrateurs ont plus de 71 ans et 52% des conseils n’ont pas divulgué ou n’ont pas spécifié d’âge de retraite.
  • Diversité : 10% sont des administratrices (même chiffre depuis 3 ans) et 54% des conseils ont au moins une femme au sein du conseil.
  • Nombre: en moyenne, les conseils ont 9 membres pour des mandats de 7 ans et ils se réunissent 9 ou 10 fois par an.
  • Participation : le taux de participation aux réunions du conseil est très bon de l’ordre de 97% avec 78% des administrateurs ayant une assiduité parfaite.

2- Rémunération des administrateurs

Selon l’IGOPP, « Il apparaît hors de doute que la rémunération des administrateurs a effectué un bond important au cours des dix dernières années ». En effet, les honoraires annuels moyens versés aux administrateurs étaient de 87 908 $ en 2011, ceci représente une hausse de 11% depuis 2010 et 415% depuis 2001.

Les augmentations les plus importantes se trouvent au sein des institutions financières et des sociétés pétrolières et minières. Dans les 10 conseils offrant les honoraires les plus élevés, 8 proviennent du secteur des ressources naturelles avec un maximum de 333 179 $ annuels par an chez Athabasca Oil Sands Corp en 2011.

Les honoraires versés aux administrateurs des sociétés canadiennes et américaines sont parmi les plus élevés dans le monde. On note toutefois que les rémunérations aux États-Unis sont 40% supérieures qu’au Canada pour des sociétés comparables.

86% des sociétés au Canada dissocient les rôles de président du conseil et de directeur général. Concernant la rémunération du président uniquement, le montant était de moyenne était de 229 063 $ annuels en 2011.

Le débat est vif autour de ces rémunérations en augmentation et certains argumentent une perte d’indépendance des administrateurs « vis-à-vis de la direction d’une entreprise et, ultimement, leur capacité à exercer un jugement objectif et conforme aux intérêts à long terme » selon l’IGOPP.

Dans un contexte de gouvernance fiduciaire, l’Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées propose 10 recommandations pour guider les conseils d’administration dans l’établissement des rémunérations :

RECOMMANDATIONS

1- La priorité d’un conseil en matière de gouvernance est de maintenir et accroître sa légitimité et sa crédibilité au moyen de pratiques et processus rigoureux (processus de nomination des administrateurs indépendant et arrimé sur une grille de compétences, évaluation périodique et rigoureuse de la contribution par le président du conseil et par les pairs, etc.).

2- La rémunération des administrateurs ne doit pas reposer sur l’atteinte d’objectifs ou de buts à court terme, ce qui exclut le recours aux options et l’octroi annuel de blocs d’unités de rendement, d’unités d’actions différées, d’actions restreintes ou d’actions dont l’acquisition repose sur l’atteinte d’objectifs à moyen (3 ans) ou à long (5 ans) terme.

3- La rémunération d’un administrateur doit être suffisamment élevée pour attirer des candidats crédibles, intègres et détenant les compétences spécifiques correspondant aux objectifs de la société. Toutefois, son niveau et sa forme ne sont et ne devraient pas être les facteurs déterminants de la décision de joindre un conseil ou non.

4- La rémunération des administrateurs doit être élaborée et appliquée de manière transparente et établie sur des critères objectifs.

5- Les administrateurs doivent détenir un investissement significatif à long terme dans les actions de l’entreprise.

6- En ce qui a trait à l’ampleur (quantum) de la rémunération à offrir, un socle de départ serait d’évaluer l’engagement nécessaire de la part d’un administrateur ainsi que l’expertise requise afin de pouvoir acquitter ses fonctions, compte tenu de la complexité de l’entreprise.

7- La responsabilité du conseil étant collective et devant être assumée de manière continue, la rémunération des administrateurs devrait être uniforme entre les individus, l’exception étant la rétribution de tâches spécifiques assumées par des individus (présidence de comité, participation à un comité).

8- Le processus de détermination de la rémunération des administrateurs doit être ancré dans la vision et la stratégie organisationnelle et doit être cohérent avec la philosophie de gouvernance émanant du conseil.

9- Le processus de détermination de la rémunération des administrateurs doit se démarquer de celui prévalant pour la détermination de la rémunération des dirigeants, leurs rôles, responsabilités et impératifs institutionnels étant différents.

10- La rémunération des administrateurs doit refléter de manière rationnelle les risques spécifiques qu’ils encourent.

En savoir plus :

• « Rémunération des administrateurs et gouvernance : enjeux et défis » par l’IGOPP
• « Corporate Board Governance and Director Compensation in Canada » par Patrick O’Callaghan and Associates